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Permis de construire, le film

ce qu’il faut savoir

Une comédie corse d’Éric Fraticelli, un titre à double sens, et ce que le film montre de juste sur un vrai chantier.

Village corse aux toits de tuiles adossé à la montagne, sommets granitiques en arrière-plan
Réponse rapide

« Permis de construire » est une comédie française réalisée par Éric Fraticelli, sortie en salles le 9 mars 2022. Un dentiste parisien hérite d’un terrain en Corse et de la mission d’y bâtir la maison voulue par son père. Le film a été mal reçu par la presse, mieux accueilli par le public, et a réuni environ 563 000 spectateurs en France.

  • Pas le formulaire : la requête renvoie à un film, pas à la démarche d’urbanisme.
  • Deux millésimes : 2020 est l’année de production, 2022 celle de la sortie en salles.
  • Tête d’affiche : Didier Bourdon, face au réalisateur, avec Anne Consigny et Simon Abkarian.
  • Fond juste : posséder un terrain ne donne pas le droit d’y bâtir, et le film part de là.

« Permis de construire »

le film, pas le formulaire

Le titre prête à confusion, et c’est voulu. « Permis de construire » est une comédie française réalisée par Éric Fraticelli, sortie en salles le 9 mars 2022, avec Didier Bourdon en tête d’affiche. Rien à voir avec un dossier à déposer en mairie, même si l’intrigue tourne précisément autour de cette question.

Si vous êtes arrivé ici en cherchant la démarche administrative — les pièces du dossier, les délais d’instruction, les seuils de surface —, ce n’est pas le bon article : la question est traitée ailleurs sur le site, et elle mérite mieux qu’un paragraphe glissé entre deux commentaires de cinéma.

La fiche technique, et le mystère du double millésime

Un détail sème le trouble dès qu’on cherche ce film : selon les pages consultées, il est daté de 2020 ou de 2022. Les deux informations sont exactes, mais elles ne désignent pas la même chose. 2020 est l’année de production, celle du tournage. 2022 est l’année de sortie nationale en salles. Entre les deux, une avant-première insulaire à L’Île-Rousse, en novembre 2021.

Ce décalage n’a rien d’exceptionnel dans le cinéma français de ces années-là, et il explique la plupart des contradictions qu’on rencontre d’une fiche à l’autre.

ÉlémentDétail
RéalisationÉric Fraticelli, premier long métrage
ScénarioÉric Fraticelli et Didier Bourdon
Distribution principaleDidier Bourdon, Éric Fraticelli, Anne Consigny, Simon Abkarian
Genre et duréeComédie, 1 h 33
Année de production2020
Sortie en salles en France9 mars 2022
ProductionMarvelous Productions et France 3 Cinéma
Lieux de tournageCorse, région de Balagne, été 2020

L’histoire

un terrain hérité et une promesse à tenir

Romain est dentiste à Paris. Il perd un père qu’il n’avait plus vu depuis des années, et découvre que l’héritage se résume à deux choses : un terrain, et un souhait. Le terrain est en Corse. Le souhait, c’est d’y bâtir la maison où le père aurait aimé finir ses jours.

Tout part de là. Un homme qui ne connaît ni l’île, ni ses codes, ni ses circuits débarque avec un projet de construction et les réflexes d’un citadin pressé : on paie, on planifie, ça avance. Sur place, le calendrier ne lui appartient plus, et les blocages ne sont pas tous administratifs — certains tiennent au terrain lui-même, d’autres aux personnes dont il a besoin et qu’il ne connaît pas.

Le titre travaille sur deux niveaux, et c’est sa meilleure idée. Il y a l’autorisation d’urbanisme, celle qu’on obtient ou pas. Et il y a une autre permission, moins écrite : celle de bâtir sur l’héritage d’un père qu’on n’a pas connu, dans un endroit qui ne vous a rien demandé.

Qui l’a fait, et où il a été tourné

Éric Fraticelli, né à Bastia, réalise ici son premier long métrage. Il coécrit le scénario avec Didier Bourdon et tient l’un des rôles principaux face à lui. Autour d’eux, Anne Consigny et Simon Abkarian complètent la distribution principale, avec une production réunissant Marvelous Productions et France 3 Cinéma.

Le tournage s’est déroulé en Corse, en Balagne, durant l’été 2020, en s’appuyant sur des communes comme Sant’Antonino, Cateri, Pigna, Lumio, L’Île-Rousse et Calvi. Les décors sont donc réels et le film se joue largement en extérieur, ce qui lui donne un ancrage documentaire que beaucoup de comédies de studio n’ont pas.

Cet ancrage est aussi ce qui lui a été reproché, mais pour une autre raison : le film construit ses personnages secondaires sur des figures insulaires très reconnaissables, et c’est là que la critique a chargé.

Un accueil critique sévère, un public plus tiède que hostile

Les retours de presse ont été mauvais. La note relevée sur AlloCiné tourne autour de 1,8 sur 5. Une précaution s’impose pourtant, et elle est rarement mentionnée : cette moyenne repose sur une poignée de critiques professionnelles. Une poignée d’avis ne fait pas une mesure robuste, quel que soit le film, et le chiffre bouge dès qu’une critique s’ajoute.

Du côté des spectateurs, l’appréciation est sensiblement plus haute, autour de 2,5 sur 5, cette fois sur plusieurs milliers de notes. Ce n’est pas un plébiscite, mais l’écart avec la presse est net et il se lit sans peine : les attentes ne sont pas les mêmes selon qu’on attend une comédie régionale assumée ou une proposition de cinéma.

Le film a réuni environ 563 000 entrées en France. Pour une première réalisation portée par un comique connu du grand public, c’est un résultat correct : ni triomphe, ni naufrage. Et c’est précisément parce qu’il s’agit d’un premier film que la sévérité critique mérite d’être relativisée : le reproche adressé — l’appui sur des stéréotypes corses, l’insulaire bavard, la lenteur érigée en art de vivre, l’arrangement local — est un reproche de fond, pas un constat d’incompétence technique.

Reste que ce reproche est réel et documenté dans les critiques. Il se discute selon ce qu’on attend d’une comédie régionale : une tradition comique revendiquée, ou une facilité d’écriture qui économise le travail des personnages.

Ce que la comédie montre juste d’une construction réelle

Sous le registre comique, plusieurs mécanismes du parcours de construction sont correctement attrapés. C’est ce qui distingue ce film d’une comédie de dépaysement interchangeable : le scénario tient parce que l’obstacle est vrai.

Mécanisme 1

Posséder n’est pas pouvoir bâtir

C’est le point de départ de l’intrigue, et il est juste. Devenir propriétaire d’un terrain, par héritage ou par achat, ne donne aucun droit à construire par soi-même. Une autorisation d’urbanisme reste nécessaire, et ce qui est autorisé dépend du document d’urbanisme de la commune, qui définit les zones et leurs conditions. Un terrain reçu d’un parent n’échappe à rien de tout cela.

Mécanisme 2

Le terrain lui-même est un adversaire

Une parcelle isolée, en pente, sans voie carrossable ni réseaux à proximité, coûte à bâtir bien davantage qu’un lot viabilisé en lotissement. Accès des engins, terrassement, amenée des réseaux : ces postes ne se voient pas sur un plan et pèsent lourd dans un projet. Le film en fait un ressort comique, mais l’obstacle est celui que rencontre n’importe quel héritier de terrain familial.

Mécanisme 3

Un chantier avance au rythme des gens

Un maître d’ouvrage venu d’ailleurs, sans relais sur place, est structurellement en position faible : il ne sait pas qui est disponible, qui travaille bien, ni à quelle saison le carnet de commandes se libère. Cela n’a rien d’insulaire. C’est vrai partout où la demande dépasse le nombre d’artisans, ce qui décrit une large part du territoire.

Le film laisse en revanche de côté une distinction que tout héritier de terrain devrait connaître, et qui fait la différence entre un projet et une déception. Un terrain constructible n’est pas un terrain viabilisé. Le premier mot renvoie aux règles d’urbanisme : la parcelle se trouve dans une zone où bâtir est envisageable. Le second renvoie à l’équipement effectif du terrain : eau, électricité, assainissement, accès. Une parcelle peut parfaitement être constructible sur le papier et supposer des raccordements lourds dans les faits.

C’est là qu’intervient l’outil que la fiction ignore complètement, et qui aurait privé le film de la moitié de ses péripéties : le certificat d’urbanisme. Il en existe deux formes. La première, dite d’information, indique les règles applicables à la parcelle. La seconde, dite opérationnelle, va plus loin et se prononce sur la faisabilité d’un projet donné sur ce terrain précis. Dans les deux cas, la demande se fait auprès de la commune, et c’est la vérification que tout héritier gagne à effectuer avant d’imaginer des plans.

Le reste de ce que la fiction comprime est plus classique. Les délais d’instruction sont escamotés, les possibilités de recours contre une autorisation n’existent pratiquement pas à l’écran, et la coordination des corps de métier se règle en une réplique. Pour un projet réel, le service urbanisme de la commune reste le seul interlocuteur capable de dire ce qui s’applique à une parcelle donnée.

Si vous héritez vraiment d’un terrain

La chronologie du film est inversée par rapport à celle qu’il faudrait suivre. Dans la réalité, on interroge la commune sur ce qui est possible avant de se projeter dans une maison, pas après. Les règles d’urbanisme, les conditions d’accès et l’état de l’assainissement se vérifient parcelle par parcelle : aucune information générale, y compris celles de cet article, ne remplace la réponse du service urbanisme concerné.

Où le voir aujourd’hui

Le film est disponible en vidéo à la demande, en location comme en achat à l’acte. Aucune plateforme n’est nommée ici volontairement : les fenêtres de diffusion tournent, un titre présent sur un abonnement un trimestre bascule en location payante le suivant, et une liste écrite aujourd’hui serait fausse dans six mois. Mieux vaut interroger un moteur de disponibilité au moment où l’envie se présente.

Un dernier conseil de recherche, trivial mais utile : en tapant ce titre seul, on tombe surtout sur des vidéos pédagogiques consacrées à la démarche d’urbanisme, qui sont innombrables. Ajouter le nom du réalisateur suffit à faire remonter le film.

De quel film parle-t-on quand on cherche « permis de construire film » ?

D’une comédie française réalisée par Éric Fraticelli, sortie en salles le 9 mars 2022, avec Didier Bourdon en tête d’affiche. Le titre reprend le nom de l’autorisation d’urbanisme parce que l’intrigue tourne autour d’une maison à bâtir sur un terrain hérité en Corse.

Le film est-il de 2020 ou de 2022 ?

Les deux dates circulent parce qu’elles ne désignent pas la même chose. 2020 est l’année de production, celle du tournage réalisé en Balagne durant l’été. La sortie nationale en salles a eu lieu le 9 mars 2022, après une avant-première insulaire à L’Île-Rousse en novembre 2021.

Qui joue dans « Permis de construire » ?

Didier Bourdon tient le rôle principal, face à Éric Fraticelli, qui réalise le film et coécrit le scénario avec lui. Anne Consigny et Simon Abkarian complètent la distribution principale.

Le film a-t-il été bien reçu ?

Non par la presse : la note relevée sur AlloCiné tourne autour de 1,8 sur 5, mais sur une poignée de critiques seulement, ce qui la rend fragile. Les spectateurs sont plus indulgents, autour de 2,5 sur 5 sur plusieurs milliers d’avis. Environ 563 000 entrées en France, un résultat correct pour une première réalisation.

Où le film a-t-il été tourné ?

En Corse, dans la région de Balagne, durant l’été 2020. Plusieurs communes ont servi de décor, parmi lesquelles Sant’Antonino, Cateri, Pigna, Lumio, L’Île-Rousse et Calvi. Éric Fraticelli, le réalisateur, est né à Bastia.

Le film est-il fiable sur la démarche de construction ?

Sur le principe, oui : posséder un terrain ne suffit pas pour bâtir, une autorisation d’urbanisme reste nécessaire et les règles dépendent du document d’urbanisme de la commune. Sur le détail, non : les délais d’instruction, les recours et la coordination des artisans sont largement escamotés au profit du rythme comique, et le certificat d’urbanisme, qui aurait évité bien des péripéties, n’apparaît pas.

Le film vaut surtout pour ce qu’il met en scène sans le théoriser : entre le moment où l’on possède un terrain et celui où l’on peut y bâtir, il y a un parcours entier, et il ne se négocie pas au charme.