Logement loué meublé : lit, table, chaises, étagères et luminaires réunis dans un même appartement
Immobilier · Location

Location meublée

ce que le mobilier décide vraiment

Onze éléments, un inventaire, et un régime de bail entier qui bascule selon ce qui se trouve réellement dans le logement.

Réponse rapide

Une location est meublée lorsque le logement, déjà décent, comporte un mobilier suffisant en nombre et en qualité pour y dormir, manger et vivre convenablement — un critère précisé par une liste réglementaire de onze éléments. Cette qualification commande tout le reste : bail d’un an reconduit tacitement, préavis d’un mois pour le locataire, dépôt de garantie limité à deux mois. Si le mobilier ne suit pas, le juge peut requalifier le contrat en bail de location vide.

  • Le critère avant la liste : un mobilier présent mais inutilisable ne remplit pas la condition légale.
  • Onze postes réglementaires : un minimum, avec trois formulations à option qui décident de litiges entiers.
  • L’inventaire fait la preuve : détaillé, contradictoire, établi à l’entrée comme à la sortie, annexé au bail.
  • Un régime distinct : bail d’un an, préavis d’un mois côté locataire, dépôt de garantie de deux mois.
  • Résidence principale seulement : le meublé de tourisme relève d’un autre corps de règles.

Ce n’est pas l’annonce qui décide qu’une location est meublée. C’est le mobilier réellement présent dans le logement, mesuré à une liste réglementaire et à un critère de fond. Tout le reste du régime — la durée du bail, le préavis, le montant du dépôt de garantie — découle de cette qualification.

Ce qui fait juridiquement un logement meublé

L’article 25-4 de la loi du 6 juillet 1989 donne le critère avant de renvoyer à la liste : un logement meublé est un logement décent équipé d’un mobilier en nombre et en qualité suffisants pour permettre au locataire d’y dormir, manger et vivre convenablement au regard des exigences de la vie courante.

« Décent » d’abord : un logement qui ne remplit pas les conditions de décence ne devient pas conforme parce qu’on y ajoute des meubles. « En nombre et en qualité suffisants » ensuite : un équipement présent mais hors d’usage ne remplit pas la condition. Un lit sans matelas ou un réfrigérateur qui ne refroidit plus posent le même problème qu’une absence pure et simple. La quantité entre aussi dans l’appréciation du juge, sans qu’aucune règle de proportion ne figure dans le texte : deux chaises dans un logement présenté pour quatre personnes peuvent suffire à faire échouer la qualification.

La liste réglementaire n’est venue qu’après, pour donner un contenu vérifiable à ce critère. Elle ne le remplace pas, et un logement qui coche les onze postes reste appréciable au regard de l’article 25-4.

Un régime, un champ d’application

Les règles décrites ici sont celles du titre Ier bis de la loi de 1989, qui ne s’appliquent qu’au logement meublé constituant la résidence principale du locataire. Le meublé de tourisme, loué à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, relève du code du tourisme et de règles distinctes — déclaration, enregistrement, durées. Ce même titre écarte par ailleurs les logements-foyers, les logements loués en raison de l’exercice d’une fonction ou d’un emploi, et les logements de travailleurs saisonniers.

Les onze éléments du décret, lus au mot près

Le décret du 31 juillet 2015, entré en vigueur le 1er septembre de la même année, fixe le mobilier minimal. Il comporte onze postes :

  • literie comprenant couette ou couverture ;
  • dispositif d’occultation des fenêtres dans les pièces destinées à être utilisées comme chambre à coucher ;
  • plaques de cuisson ;
  • four ou four à micro-ondes ;
  • réfrigérateur et congélateur ou, au minimum, un réfrigérateur doté d’un compartiment permettant de disposer d’une température inférieure ou égale à − 6 °C ;
  • vaisselle nécessaire à la prise des repas ;
  • ustensiles de cuisine ;
  • table et sièges ;
  • étagères de rangement ;
  • luminaires ;
  • matériel d’entretien ménager adapté aux caractéristiques du logement.

Quatre rédactions décident de litiges entiers, parce qu’elles ouvrent une option ou renvoient à une caractéristique du logement.

Le froid

Réfrigérateur seul admis, sous condition

Le texte accepte l’ensemble réfrigérateur et congélateur, mais aussi un réfrigérateur unique doté d’un compartiment atteignant − 6 °C ou moins. Un bac à glaçons dont la température n’est pas assurée ne satisfait pas cette rédaction.

L’occultation

Seulement là où l’on dort

Volets, stores ou rideaux occultants ne sont exigés que dans les pièces destinées à être utilisées comme chambre. Dans un studio, la pièce unique sert de chambre : l’obligation s’y applique.

La cuisson

Plaques imposées, four au choix

Les plaques de cuisson sont exigées sans alternative. Pour le four, le texte laisse le bailleur choisir entre un four traditionnel et un four à micro-ondes : les deux remplissent la condition.

L’entretien

Indexé sur le revêtement

Le matériel doit être « adapté aux caractéristiques du logement ». Un aspirateur pour de la moquette, un balai et une serpillière pour du carrelage : c’est le sol qui commande, pas une liste type.

La liste fixe un seuil, pas un idéal. Rien n’interdit de meubler au-delà, mais le mobilier supplémentaire entre alors à l’inventaire au même titre que le reste : il engage les deux parties, et le bailleur qui ajoute un lave-linge le doit ensuite pendant toute la durée du bail.

L’inventaire, la pièce qui fait la preuve

L’article 25-5 impose d’établir un inventaire et un état détaillé du mobilier, dans les mêmes formes et en autant d’exemplaires qu’il y a de parties, lors de la remise des clés et lors de leur restitution. Ces documents sont établis contradictoirement et à l’amiable, signés par les parties ou par un tiers mandaté, et annexés au bail.

Deux mots sont décisifs. « Détaillé » : une ligne « cuisine équipée » ne renseigne rien et ne prouve rien. Un inventaire utile énumère les éléments un par un, avec leur quantité et leur état au moment de la remise — nombre exact de couverts, de chaises, d’ustensiles, état de la literie, marque et modèle des appareils quand cela permet de les identifier. « À la restitution » : l’inventaire de sortie est aussi obligatoire que celui d’entrée, et c’est la comparaison entre les deux qui permet d’imputer une dégradation ou de la contester.

Un inventaire vague dessert les deux camps. Le bailleur ne peut rien retenir sur le dépôt de garantie faute de pouvoir démontrer l’état initial. Le locataire ne peut pas prouver qu’un appareil manquait déjà à son arrivée.

Le mobilier après la remise des clés

Le mobilier listé au bail fait partie de la chose louée pendant toute la durée du contrat. Ce n’est pas un supplément gracieux dont la disparition serait sans conséquence : le bailleur doit délivrer un logement en bon état d’usage et de réparation, et prend à sa charge les réparations autres que locatives.

Concrètement, un réfrigérateur qui tombe en panne au bout de dix-huit mois se remplace aux frais du bailleur, sauf faute ou usage anormal du locataire. Et si l’appareil n’est pas remplacé, le logement cesse de satisfaire la liste réglementaire : la question du mobilier redevient alors une question de qualification, pas seulement d’équipement. L’inventaire d’entrée sert de référence pour établir ce qui était présent et dans quel état.

Ce que le régime meublé change sur le contrat

Le meublé n’est pas une location vide avec des meubles en plus : c’est un régime distinct, avec ses propres durées.

CritèreLocation meubléeLocation vide
Durée minimale du bail1 an3 ans (bailleur personne physique), 6 ans (personne morale)
Reconduction à l’échéanceTacite, pour 1 anTacite, pour la même durée
Préavis du locataire1 mois, sans motif à justifier3 mois, réduits à 1 mois dans des cas énumérés
Congé du bailleur3 mois avant le terme, motivé6 mois avant le terme, motivé
Dépôt de garantie2 mois de loyer en principal1 mois de loyer en principal

Le contrat est écrit, conforme à un contrat type défini par décret, et conclu pour un an au minimum. Une variante existe pour l’étudiant : la durée peut être ramenée à neuf mois, et dans ce cas la reconduction tacite ne joue pas — le bail s’éteint à l’échéance, ce qui correspond au rythme universitaire. Le préavis d’un mois du locataire vaut également dans cette configuration.

Le congé du bailleur doit être motivé par une reprise, une vente ou un motif légitime et sérieux. La notification passe par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte d’huissier, ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement. Le locataire de plus de soixante-cinq ans dont les ressources sont inférieures aux plafonds légaux bénéficie d’une protection contre le refus de renouvellement, sauf si le bailleur remplit lui-même des conditions comparables. Un congé délivré frauduleusement expose son auteur à une amende pouvant atteindre 6 000 € pour une personne physique et 30 000 € pour une personne morale.

La restitution du dépôt de garantie suit les mêmes règles que dans le vide : un mois après la remise des clés si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, deux mois dans le cas contraire. Passé ce délai, la somme restant due au locataire est majorée de 10 % du loyer mensuel en principal pour chaque période mensuelle commencée en retard.

Quand le meublé n’en est pas un

Le décalage entre le bail signé et le logement livré se règle par la requalification du contrat en bail de location vide.

Ce que le juge regarde

La demande émane du locataire et se porte devant le juge des contentieux de la protection. En pratique, la première étape est amiable : signaler par écrit ce qui manque, en s’appuyant sur l’inventaire d’entrée, permet souvent d’obtenir le complément sans procédure. Ce courrier, conservé, sert ensuite de point de départ si la discussion échoue.

Devant le juge, l’examen porte sur la présence des meubles de la liste, mais aussi sur leur état et leur adéquation à la capacité du logement : le critère de fond de l’article 25-4 reste la boussole. À titre d’illustration, l’absence de literie dans l’une des deux chambres d’un logement a suffi à fonder une requalification devant la cour d’appel de Paris en novembre 2024 — une décision d’espèce, dont il ne faut pas tirer une règle générale.

Ce que la requalification coûte au bailleur

Les effets se chiffrent. Le bail bascule dans la durée de la location vide, soit trois ans lorsque le bailleur est une personne physique et six ans lorsqu’il s’agit d’une personne morale : un propriétaire qui pensait récupérer son bien au bout d’un an se retrouve engagé bien au-delà. La part du dépôt devenue indue — le second mois — doit être restituée. Des dommages et intérêts peuvent s’y ajouter si le locataire en fait la demande et démontre son préjudice.

S’y greffent les conséquences indirectes : le préavis du locataire, la procédure de congé et la révision du loyer suivent désormais les règles du bail vide, y compris pour la période écoulée.

Le bail mobilité, variante courte du meublé

Créé par la loi ELAN du 23 novembre 2018 et logé aux articles 25-12 et suivants de la loi de 1989, le bail mobilité est un bail meublé : le logement doit satisfaire le même décret. Trois règles l’en écartent nettement.

La durée d’abord, de un à dix mois, non renouvelable. Une prolongation par avenant reste possible, une ou plusieurs fois, à condition que le total ne dépasse jamais dix mois. Au-delà, le contrat sort du dispositif.

Le dépôt de garantie ensuite : il est purement et simplement interdit. La règle est d’ordre public, ce qui rend nulle toute clause contraire — un bailleur ne peut pas la contourner par un accord des parties.

Le public enfin. Le bail mobilité est réservé aux locataires en situation de mobilité : formation professionnelle, études supérieures, contrat d’apprentissage, stage, engagement de service civique, mutation professionnelle ou mission temporaire. Le locataire justifie de sa situation à la signature, et cette condition n’est pas décorative : elle conditionne l’application du régime.

Quels meubles sont obligatoires dans une location meublée ?

Le décret du 31 juillet 2015 fixe onze postes : literie avec couette ou couverture, dispositif d’occultation des fenêtres dans les pièces destinées au couchage, plaques de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur avec congélateur ou compartiment à − 6 °C au moins, vaisselle, ustensiles de cuisine, table et sièges, étagères de rangement, luminaires, et matériel d’entretien ménager adapté au logement. C’est un minimum, pas un plafond.

Un lit sans matelas ou un appareil en panne comptent-ils ?

Non. L’article 25-4 de la loi du 6 juillet 1989 exige un mobilier suffisant en nombre et en qualité. Un équipement présent mais inutilisable ne remplit pas la condition, et la quantité entre dans l’appréciation : deux chaises dans un logement présenté pour quatre personnes peuvent suffire à faire échouer la qualification.

L’inventaire du mobilier est-il obligatoire ?

Oui. L’article 25-5 impose un inventaire et un état détaillé du mobilier, établis contradictoirement, en autant d’exemplaires que de parties, à la remise des clés et à leur restitution, puis annexés au bail. Le mot « détaillé » est décisif : une ligne « cuisine équipée » ne prouve rien. Il faut la quantité et l’état de chaque élément.

Qui remplace un appareil qui tombe en panne pendant le bail ?

Le bailleur, sauf faute ou usage anormal du locataire. Le mobilier listé au bail fait partie de la chose louée pendant toute la durée du contrat : le bailleur doit délivrer un logement en bon état d’usage et de réparation et prend à sa charge les réparations autres que locatives. Un équipement non remplacé fait de surcroît sortir le logement de la liste réglementaire.

Quelle est la durée d’un bail meublé et le préavis ?

Un an au minimum, tacitement reconduit pour un an à défaut de congé. Pour un étudiant, la durée peut être ramenée à neuf mois, sans reconduction tacite. Le locataire peut partir à tout moment avec un préavis d’un mois, sans motif. Le bailleur doit donner congé au moins trois mois avant le terme, en le motivant par une reprise, une vente ou un motif légitime et sérieux.

Le dépôt de garantie est-il plus élevé en meublé ?

Oui : il est limité à deux mois de loyer en principal, contre un mois en location vide. Sa restitution intervient dans le mois suivant la remise des clés si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, dans les deux mois sinon. Passé le délai, la somme restant due est majorée de 10 % du loyer mensuel en principal par période mensuelle commencée en retard.

Que faire si le logement loué meublé ne l’est pas vraiment ?

Signaler par écrit les manques, en s’appuyant sur l’inventaire d’entrée : cela suffit souvent à obtenir le complément. À défaut, le locataire peut demander au juge des contentieux de la protection la requalification du contrat en bail de location vide. Les effets sont mécaniques : durée portée à trois ans quand le bailleur est une personne physique, restitution du second mois de dépôt devenu indu, et dommages et intérêts possibles.

Le bail mobilité est-il un bail meublé ?

Oui, avec trois écarts. Sa durée va de un à dix mois, il n’est pas renouvelable — une prolongation par avenant reste possible dans la limite de dix mois au total. Aucun dépôt de garantie ne peut être exigé, la règle étant d’ordre public. Et il est réservé aux locataires en formation, études supérieures, apprentissage, stage, service civique, mutation ou mission temporaire.

Un bail meublé se relit toujours par son annexe : c’est l’inventaire, et non l’intitulé du contrat, qui dira dans deux ans quel régime s’appliquait.